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du Miroir |
pour revêtir son nouveau corps aérien,
ainsi l'âme s'échappe de la matièrepour prendre sa forme spirituelle.
En quoi consiste l'expérience de ceux qui, après une mort clinique (EPDM) sont revenus à la vie? La difficulté qu'ont ces rescapés de la mort à raconter ce qu'ils ont vécu tient à la nature extra-temporelle de cette expérience qu'aucun vocabulaire humain ne peut exprimer adéquatement.
Mais en prenant en compte les descriptions que certains ont tenté de faire de leur séjour au-delà du tunnel et des révélations médiumniques sérieuses sur l'Au-delà, peut-être pourrait-on élaborer une approche vraisemblable de la vie après la vie.
C'est ce que j'ai tenté de faire dans ce roman, car cette forme littéraire permet de raconter des faits échappant à la trame historique terrestre, miroir déformant du monde céleste. Selon l'adage de la Sagesse antique: ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, la vie au-delà du miroir devrait donc ressembler un peu à la vie sur terre moins les limites qu'impose la matière physique.
en relation; alors les communications entre eux
seront un phénomène ordinaire et la grande richesse
des ressources du monde spirituel sera à la dispositiondu monde terrestre, pour le bien de toute l'espèce humaine.
Anthony Borgia, Ma vie au Paradis
Les personnages de ce roman sont des êtres humains ordinaires qui, de par leurs dispositions psychiques inhabituelles, ont été amenés à vivre une aventure qui s'est réalisée sur deux plans: d'abord dans le contexte tridimensionnel quotidien, puis dans le domaine des rêves nocturnes.
Les principaux acteurs de ce drame cosmique sont deux couples apparentés, doués de facultés paranormales qui les ont poussés à scruter l'invisible et à se réaliser eux-mêmes dans leur vie familiale et conjugale.
L'action de ce roman se passe donc alternativement sur les deux plans physique et psychique, où chaque personnage tente d'assimiler et d'intégrer son Soi à son moi, son inconscient à son conscient pour, comme dit Jung, accomplir sa réalisation dans le processus de l'individuation.
Le jeu des personnages obéira donc aux impératifs de la vie consciente, onirique ou hypnotique. Il apparaîtra clairement que les tabous reliés à la sexualité sont absents de ce récit. Il n'est question que de la vie personnelle et intime de chaque couple à la recherche de l'âme-soeur et de leur unité. Loin d'être étranger à l'esprit, le corps en est l'expression et la manifestation matérielle.
1. Un journaliste curieux 2. Un vieil ami 3. La Maison de Repos 4. La musique des sphères 5.Réincarnation 6. Retour à l'hôpital 7. Un récit dérangeant 8. Des parapsychologues 9. Un rêve intrigant 10. Le mage de St-Bénévent 11. Les doutes d'Alfred 12. Des sessions d'hypnose 13. Un best-seller 14. Nathalie 15. Un chercheur perplexe 16. Angèle 17. Viol 18. Le message du rêve 19. Au-delà du temps 20. Un procès retentissant
1, Tel père tel fils 2. Des sorties hors-du-corps 3. Au-delà du voile 4. Une âme en peine 5.Conversion 6. Des preuves 7. Résurrection 8. Espoir 9. Consolation 10. Libération 11. Une walk-in 12. le transfert 13. Retrouvailles
Alfred Paré, journaliste au SOLEIL LEVANT, s'était intéressé aux phénomènes inhabituels, tels que les récits de comateux revenus à la vie et les communications médiumniques, où censément un esprit parle par une personne sensitive. Il avait confié cet intérêt au directeur qui, pour cela, lui avait confié la chronique des CURIOSITÉS.
Depuis lors, Alfred Paré s'était mis en frais de collectionner tous les récits de cette nature, parus dans les plus récentes publications scientifiques. Ces écrits résultaient de recherches approfondies de la part de chercheurs sérieux: médecins, psychologues, sociologues voire anthropologues.
Il se leva tôt un matin de novembre, désireux d'interroger le plus de personnes possible dont les noms figuraient sur son agenda. C'était jeudi. Il avait assez de temps pour préparer sa chronique de fin de semaine. Il consacrerait tout le lendemain à la rédaction d'une première partie à même ses propres entrevues.>
Il ne s'attarda pas à son petit déjeuner. Il vida d'un coup sa tasse de café. alla embrasser son épouse encore au lit, puis sortit pour prendre sa voiture. Il devait d'abord gagner un village à trente kilomètres de chez lui. C'était l'automne et les lumières de rue brillaient encore à cette heure matinale. Il roulait depuis une vingtaine de minutes déjà et passait en revue les questions qu'il voulait poser à la première personne qu'il allait rencontrer.
Soudain, deux lumières éblouissantes surgirent devant lui, comme deux soleils se levant ensemble de derrière une colline, puis une énorme masse sombre apparut au-dessus des phares aveuglants en plein milieu de la chaussée. Perdu dans ses pensées et surpris par cette soudaine apparition, il n'eut pas le temps d'éviter le mastodonte. L'impact fut inévitable. Un crissement de freins, puis un choc épouvantable qui le projeta à quelque trente mètres de sa voiture. À sa grande surprise, il ne ressentit aucun mal...
Après un bref moment d'inconscience, il se retrouva sur ses deux pieds, un peu abasourdi, mais en bon état. Ce qui l'étonna un peu: comment avait-il pu être projeté hors de son véhicule sans être blessé? Avait-il passé au travers du pare-brise lors de la collision? Il portait pourtant sa ceinture de sécurité!... Il lui semblait que tout se déroulait lentement, ses gestes ressemblaient à la séquence d'un film qu'on visionne au ralenti. Puis tout redevint normal.
Il décida de revenir vers sa voiture pour en évaluer les dommages. Il voyait le camion-remorque sur l'accotement de la route. Un seul phare brillait encore. Plus loin, dans le ravin, son propre véhicule gisait, retourné sur le côté, le devant complètement embouti. Le chauffeur du camion se tenait sur la chaussée un cellulaire à la main, Il paraissait très nerveux.
Alfred s'approcha pour lui dire de ne pas s'en faire, qu'au fond ce n'était que de la ferraille et qu'aucun d'eux heureusement n'était blessé. Il engagea donc la conversation, mais l'homme, sans doute encore sous le choc, ne lui prêta aucune attention et ne répondit même pas à son salut. Il marchait de long en large parlant par intervalle dans son appareil."Il y a un blessé, disait-il, dépêchez-vous!" Un blessé! Mais non! Se dit Alfred, il est debout devant moi et je suis ici en bonne forme. Il fait erreur, aucun de nous deux n'est blessé!
Soudain au loin sur la route des lumières apparurent, rouges, bleues et jaunes: c'était la voiture de police, suivie d'une ambulance et d'une remorqueuse. "Enfin!" s'écria l'homme soulagé... L'agent s'approcha du routier.Reprenant la parole, Alfred leur dit que son auto avait été frappé de plein fouet, qu'il n'avait pu éviter le camion et qu'il avait été projeté au loin mais ne souffrait d'aucune blessure. On n'avait qu'à remettre sa voiture sur la chaussée et, si elle n'est pas trop endommagée, il continuera sa route, car il doit faire des entrevues pour son journal. Mais personne ne semblait l'écouter et lui prêter la moindre attention. Tout cela commençait à lui sembler bizarre!
Le chauffeur du camion dit à l'agent de police:"Il est dans la voiture... assez mal en point à mon avis". Ils se dirigèrent vers le ravin, Alfred les suivit. Deux brancardiers arrivèrent bientôt avec une civière. Il y avait effectivement quelqu'un dans son auto qui semblait inconscient. C'est impossible, pensa-t-il, j'étais seul dans ma voiture...! Soudain un sentiment d'angoisse le saisit lorsqu'il se reconnut assis au volant, la tête ensanglantée...Aussitôt tout devint noir autour de lui et il sombra dans l'inconscience..
Alfred Paré était donc journaliste au SOLEIL LEVANT. Le directeur venait de lui confier l'Éditorial. Mais Alfred avait gardé sa chronique hebdomadaire des CURIOSITÉS. Il pouvait ainsi satisfaire et entretenir son intérêt pour les faits insolites ou paranormaux.
Son épouse, Luce Tardif, collaborait également à l'hebdomadaire dans la page féminine. Chaque samedi elle signait un article sous le titre VIE DE FEMME.
Alfred et Luce étaient mariés depuis une vingtaine d'année. Ils s'étaient connus au SOLEIL LEVANT pour lequel ils travaillaient tous deux comme pigistes. La qualité de leurs articles avait attiré l'attention du directeur qui les engagea alors à plein temps. Trois enfants étaient nés de leur union: Thomas, 17 ans, Marc, 15 ans et Julie, 12 ans.
L'intérêt d'Alfred pour les faits inexpliqués l'avait poussé à contacter un groupe de chercheurs en parapsychologie, patronné par l'Université St-Jean, Le Docteur Pierre Gérin, hypnothérapeute, en était l'un des fondateurs. Alfred le rencontra à plusieurs reprises pour échanger avec lui et l'interviewer sur ses recherches.
Les communications que lui avait faites ce psychologue l'avaient tellement fasciné qu'il décida d'entreprendre lui-même une enquête sur les rescapés de la mort. On entend par là des personnes malades ou accidentées, tombées en coma profond et déclarées mortes, mais revenues mystérieusement à la vie. Le Dr Pierre Gérin, qu'il avait mis au courant de son projet, l'encouragea vivement et lui offrit sa collaboration éventuelle.
Luce, de son côté, suivait des cours d'Astrologie à St-Bénévent, le village voisin, chez un certain Maître Astro, qui se disait théosophe et apécialiste des philosophies orientales. Elle trouvait très utile l'interprétation psychologique des thèmes de naissance pour comprendre et guider ses enfants dans leur croissance et leur évolution.
Thomas était déjà finissant du Cégep et caressait le projet de s'inscrire à l'École de Journalisme. Il désirait suivre les traces de ses parents et travailler éventuellement au SOLEIL LEVANT. Mais sa décision n'était pas encore fixée. Sa petite amie, Nathalie Beaupré, quant à elle, voulait s'orienter vers les sciences humaines. Elle aimait bien discuter avec Alfred des sujets qui touchaient aux frontières de la psychologie, tels les poltergeists ou phénomène des esprits frappeurs, les pressentiments, l'écriture automatique, etc.
Avec son amie, Angèle Fortier, elle suivait des cours de sciences occultes chez Maître Astro. Depuis son enfance, elle avait eu plusieurs prémonitions. Ce qui lui avait causé bien des soucis et des tracasseries de la part des gens qu'elle avait avisés de ses intuitions: elle en savait trop...! Nathalie voulait se documenter sur ces phénomènes étranges et aller au fond des choses.
Chez Maître Astro, on pratiquait la communication avec les esprits au moyen de la planchette du Ouija et Nathalie s'était avérée experte à en faire bouger le curseur. Vu ses dons psychiques exceptionnels, le théosophe la voyait éventuellement comme son médium attitré pour explorer d'autres dimensions de la réalité.
Alfred avait lu à peu près tout ce qui avait paru sur la question de la vie après la mort: des volumes récents et des oeuvres plus anciennes qu'il avait dénichées à la Bibliothèque Municipale et à celle de l'Université. Mais aucun de ces ouvrages ne lui semblait absolument convaincant. Il voulait des récits de première main faits par des rescapés de la mort eux-mêmes.
De bouche à oreille, il avait appris et noté des noms de personnes disposées à lui faire des confidences sur leur aventure dans l'Au-delà. Il s'était fixé un horaire d'entrevues assez serré et il lui tardait de commencer son enquête. Quelques appels téléphoniques lui avaient permis de dresser une liste d'entrevues pour les prochains jours. Mais ce fâcheux accident allair donner à son enquête une tournure inattendue.
On transporta Alfred Paré à l'hôpital dans un état assez critique: fractures du crâne et du bras droit, côtes brisées et multiples contusions. Il resta inconscient malgré tous les efforts qu'on fit pour le ranimer. On dut le brancher sur un respirateur artificiel et le nourrir par gavage. Son EEG présentant une faible activité électrique, le médecin gardait espoir qu'il reprendrait bientôt conscience par lui-même.
Mais Alfred avait déjà repris conscience dès son arrivée en salle de réanimation, bien que son corps physique n'en montrât aucun signe. Il se trouvait curieusement comme dédoublé. Sur le lit, relié à une multitude d'appareils, son corps semblait profondément endormi. Mais du plafond de la salle, dans un autre corps étonnamment vivant et conscient, Alfred regardait son corps blessé. N'eût été l'état d'euphorie que lui prodiguait ce nouveau corps, il aurait cédé à l'angoisse qui l'avait d'abord saisi en se voyant ainsi hors de son corps physique, Il assista donc d'en haut à toutes les manipulations et à tous les soins dont on entourait son corps inanimé. Son épouse arriva bientôt. Elle s'approcha du lit, lui caressa le front et l'embrassa tendrement, le visage défait par les larmes.
Instinctivement Alfred s'approcha d'elle pour la consoler et lui dire qu'il allait bien. Mais elle ne semblait pas s'apercevoir de sa présence et continuait à sangloter tout en fixant le corps de son mari inconscient.Il tenta alors de la prendre par les épaules pour l'attirer contre lui. Mais ses bras pénétrèrent dans le corps de son éposue, comme dans de l'air ou du vent. Incapable de la toucher et de lui parler, Alfred sentit l'angoisse le saisir de nouveau. Un sentiment d'extrême solitude s'empara alors de lui. Puis tout devint obscur: son épouse, le lit et les murs de la salle s'estompèrent dans un nuage gris.
Et Alfred fut aspiré dans un long couloir sombre qui débouchait au loin dans un cercle lumineux. Il filait à toute allure désirant de toutes ses forces sortir au plus tôt de ces ténèbres. Mais ce voyage échappait à son contrôle. Lorsque son allure commença à ralentir, il se rendit compte qu'il n'était pas seul. Des personnages plus ou moins flous le croisaient sur son passage. Puis ce fut l'arrêt total en pleine clarté: à son grand étonnement et à sa grande surprise, il se trouva face à face avec Thomas Duval, un collègue et ami décédé deux ans auparavant.
Interloqué par cette réception inattendue et surpris de revoir son vieil ami, Alfred suivit ce dernier sans rien dire. L'étrangeté de la situation et l'émotion qui l'étreignait l'empêchait de parler.
Thomas Duval avait été journaliste à l'hebdo, dont il avait longtemps dirigé et rédigé la section sportive. C'est d'ailleurs en accompagnant une équipe de hockey pour faire un reportage qu'il avait péri dans l'atterrissage en catastrophe du Boeing 707 qui les transportait.
- Non, mon vieux, tu ne rêves pas. Tu es bien vivant et éveillé tout comme je le suis moi-même. Au début on se sent un peu désemparé, mais on s'adapte vite à ce nouvel état. Tu le verras toi-même quand tu reviendras définitivement.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Tu sais, moi, je suis passé de ce côté-ci il y a deux ans selon votre manière de compter le temps. De votre point de vue, je suis mort ou plutôt mon corps physique est décédé. Mais toi, c'est temporaire, ton corps physique va guérir et tu vas bientôt le réintégrer.
- Je l'ai pourtant, non corps. comme tu as le tien!
- Oui, je sais, Alfred. Mais ce corps-là, on l'a toujours; c'est ce qu'on appelle le corps spirituel et, en définitive, c'est lui qui donne la vie à ton corps physique et l'entretient. Lorsque celui-ci est conscient, ton corps spirituel est à l'intérieur. C'est un peu comme ton habillement: ton corps physique est à l'intérieur de tes vêtements. Mais ce n'est qu'une grossière comparaison, car l'union de ton corps physique et de ton corps spirituel est beaucoup plus intime puisqu'il ne forme qu'en seul être, c'est-à-dire toi... même si pour le moment tu en est séparé.
- Mais même si je suis hors de mon corps physique, Tom, je me sens très solide, comme tu le parais également toi-même, et en très bonne forme... on dirait même que tu as rajeuni!
- Tu as raison, Fred. Mais allons, je vais te faire visiter les lieux et te présenter à des gens qui t'expliqueront cela mieux que moi, car ils sont en ce monde depuis plus longtemps et mon arrivée ici est relativement récente. On m'a chargé de te piloter, à cause de notre vieille amitié. Les liens affectifs, tu sais, ne meurent jamais.
C'est en souvenir de leur grande amitié qu'Alfred avait appelé son fils aîné Thomas.
Il suivit donc son ami qui l'amena d'abord devant un immense édifice qu'il lui présenta comme une "Maison du Savoir". On l'appelait aussi le "Temple de la Sagesse". Cet immeuble constituait le centre de la Cité. Un jardin circulaire l'entourait où une floraison multicolore exhalait des parfums des plus enivrants. Plus loin d'autres édifices, entourés de jardins semblables, s'élevaient comme autant de rejetons du premier. Un rayon de lumière blanche descendait sur le Temple, puis se divisait en faisceaux diversement colorés qui reliaient entre eux les autres édifices. L'immeuble central, lui apprit Thomas, conservait les archives de tout ce qu'ont dit et fait les hommes vivants sur terre ou libérés de leur enveloppe charnelle. Là également ont enseigné de grands esprits qui ont illuminé des générations d'humains par leurs écrits, tels que Platon, Kant, Jung et Einstein.
Il lui montra plus loin un autre édifice, la "Maison de la Musique", où étaient conservées les oeuvres musicales de tous les temps. Là avaient enseigné de grands compositeurs, comme Palestrina, Vivaldi, Bach, Mozart, Beethoven, Chopin, Liszt et bien d'autres. Ces grands musiciens continuaient encore à composer de nouvelles pièces. Plusieurs de ces grands esprits étaient passés à des niveaux supérieurs où ils occupaient maintenant des fonctions importantes pour stimuler les progrès de l'humanité. Ce qui ne les empêchait nullement de revenir à des niveaux inférieurs pour aider de leurs conseils certains esprits qui le demandent. Il est donc possible, ajouta Thomas, de les contacter s'ils ne sont pas trop occupés, ou encore, de consulter les archives qui les concernent.
- Et moi, Fred, tu ne te demandes pas ce que j'ai ressenti après mon accident d'avion?
- Excuse-moi, Tom. Ta présence est si réelle que j'en ai oublié ton propre décès.
- Tu vois que la mort n'est qu'un mot, elle n'existe pas. Ce n'est qu'un passage vers ailleurs. Ce fut ma première constatation en arrivant ici.
Un peu acclimaté à ce nouveau monde, Alfred harcelait maintenant son ami de nombreuses questions. Oui, il lui ferait rencontrer d'autres personnes décédées. Oui, il pourra les interviewer à satiété car là où il se trouve présentement le temps ne compte pas.
Il le conduisit d'abord à la Maison du Savoir. Chemin faisant, Alfred s'émerveillait de la beauté de cet autre monde: le ciel limpide, exempt de pollution, les fleurs innombrables dont la beauté est sans comparaison avec celles de la terre, les arbres sans défaut au feuillage vert et abondant. Ce qui le surprenait davantage, c'était les vibrations qui émanaient de toutes ces choses et qui l'atteignaient agréablement. Thomas lui expliqua que la nature de ce monde est vivante et parfaite parce qu'il ne s'y produit aucune perturbation atmosphérique ni pollution, et que les lacs et les rivières ajoutent à l'harmonie du paysage leur fraîcheur et leur limpidité. Ces vibrations de vie, c'est la présence du Créateur qui fait exister toutes choses, car Il est Tout en tout.
ils entrèrent dans la Maison du Savoir et empruntèrent un large déambulatoire dont les murs étaient garnis de magnifiques peintures aux couleurs vives. Des scènes champêtres, des animaux et des fleurs y étaient représentés. On aurait dit que ces tableaux étaient vivants tant les couleurs chatoyantes vibraient. Alfred était surpris de sentir sur lui leur rayonnement. Il en fit la remarque à son ami.
Sur ce, ils arrivèrent au bout du corridor qui débouchait sur une salle immense dont tous les murs étaient garnis d'innombrables rayons bien identifiés: Histoire, Cosmologie, Évolution, Maladie, etc. Plusieurs personnes les consultaient. Thomas lui expliqua que c'était des esprits venus compléter leurs connaissances terrestres.
Alfred fit le tour de la salle à la recherche d'un certain rayon, Il avoua qu'il voulait consulter les archives su sujet des phénomènes paranormaux.
Son compagnon éclata de rires et lui dit qu'une telle section n'existait pas car tous les phénomènes sont normaux puisqu'ils obéissent à des lois naturelles. Ignorant ces lois, les terriens s'imaginent qu'il existe des phénomènes étranges.
Alfred passa un bon moment à consulter divers rayons. Il fut surpris d'y voir des titres d'ouvrages d'auteurs terrestres encore vivants et d'autres qui, d'après la date, n'étaient pas encore écrits.
Thomas lui expliqua que l'Entité dont ces auteurs sont des manifestations actuelles sur terre les a déjà créés ici. Ils leur seront bientôt communiqués sous forme d'inspiration. Puis il l'invita à se rendre dans une Maison de Repos où sont reçues les personnes récemment décédées. Il verrait ainsi comment on est accueilli en ce monde.
